Booking.com versus Hôteliers

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Le champion français de l’hôtellerie, Accor, a décidé de saisir fin février, l’Autorité de Concurrence Française à l’encontre de la grande centrale de réservation en ligne, Booking.com. En effet, la place devenue incontournable de Booking.com dans la réservation en ligne d’hôtels pourrait poser des abus de positions dominantes. Explications…

Rien ne semble pouvoir endiguer la montée en puissance des sites de réservation en ligne tels que Booking ou Expedia. Selon les études menées par le cabinet Deloitte-In Extenso THR, les commissions versées à ces intermédiaires ont progressé de 28 % en moyenne entre 2008 et 2012. Booking et consorts ont par ailleurs fini par peser lourdement sur les chiffres d’affaires des hôteliers. Notamment les plus petits, contraints de reverser jusqu’à 25 % de commission aux sites quand les grands groupes se contentent de 15 %.

La réservation en ligne est une tendance lourde

Selon le cabinet Raffour interactif, le taux de réservation en ligne est passé de 8% en 2003, à 25% en 2007 et enfin 45% en 2013. Booking représente 70 % des réservations d’hôtels, dans des agences de voyages en ligne. Accor a déposé hier une saisine auprès de l’Autorité de la concurrence, pour abus de position dominante, contre le leader mondial de la réservation d’hôtels sur Internet.

Liberté tarifaire des hôteliers remis en cause

Tout d’abord, le problème de la liberté tarifaire des hôteliers semble ne pas être réglé. Accor et les syndicats de l’hôtellerie l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) et le Groupement national des chaînes hôtelières (GNC) veulent que l’hôtelier soit libre de fixer le tarif qu’il veut à son client final, sans être obligé d’avoir à l’appliquer à tous les distributeurs en ligne de la même façon. Or, les « clauses de parité » actuel figurant dans les contrats conclus entre Booking.com, filiale de l’américain Priceline Group, et les hôtels obligent ces derniers à proposer leurs chambres sur le site de réservation à un prix au moins aussi avantageux que celui proposé sur d’autres réseaux de distribution.

Liberté pour la disponibilité des chambres

Une autre clause dite de « parité en disponibilité de chambres » est contestée. Celle-ci impose aux hôteliers d’offrir à un site de réservations en ligne le même nombre de chambres que l’hôtelier en a proposé à un autre site. En pratique, si Booking.com obtient dix chambres à réserver dans un hôtel, pas question qu’Expedia en obtienne plus.

Affaire à suivre

Au total, sept pays de l’Union européenne ont ouvert des enquêtes sur les plateformes de réservation hôtelière. L’Autorité de la concurrence Française compte arrêter sa position d’ici à la fin mars, sachant qu’elle instruit le dossier Booking.com en concertation avec ses homologues italienne et suédoise, et ce pour le compte de la Commission européenne.

Source image: Boursier

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